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Les univers numériques - Blog High-Tech : septembre 2008

Les règnes des bons vieux mp3 et du mp4 seraient-ils révolus ? C’est la question que se posent certains spécialistes avec l’arrivée de ce qui pourrait bien être « un nouveau standard de création et d’écoute de musique » d’après les créateurs du MXP4. Sous ce nom futuriste se cache un nouveau format audio qui permet de modifier les arrangements d’une chanson pendant sa lecture. Une nouvelle technologie qui offre par exemple pour un morceau, une version acoustique, une version rock et une version hip-hop.

Arrangements à la carte

En pratique, les musiciens enregistrent leur morceau grâce à un logiciel spécial, le MXP4 Creator, commercialisé par la société française Musinaut, qui pourra ensuite être mixé par l’auditeur, à son gré, et choisir différents arrangements qu’il désire. Grâce à un logiciel de lecture particulier, le MXP4 Player, l’internaute peut se laisser guider par la machine ou décider de changer selon ses goûts le « style » du morceau. Et les versions, bien qu’elles soient franchement différentes, peuvent s’emboîter les unes dans les autres.
 MXP4.JPGPour les développeurs du projet, le MXP4 revient à une sorte de concert : les morceaux offrent des subtilités différentes, à l’image d’une version live. Jusqu’à la fin de l’année, le MXP4 Creator est en téléchargement gratuit (et sera ensuite vendu 349 €) et peut être utilisé par tous les musiciens qui souhaitent se frotter à cette nouvelle technologie.

Un format riche de contenus


Plus qu’un fichier musical, le MXP4 peut contenir un grand nombre d’informations, comme des visuels, des textes, une biographie de l'artiste, les dates des concerts, la discographie, les dates de sortie des albums, etc. Une fonctionnalité qui semble séduire les maisons de disque, qu’elles soient des majors ou des indépendantes, le MXP4 offrant de nombreuses possibilités, il permet donc de toucher un plus large public et de différencier l’offre musical.

Une nouvelle relation avec l’artiste

Certains musiciens, comme Jean-Michel Jarre, Passi ou Sébastien Tellier testent pour l’heure ce nouveau format. Ce dernier bouleverse la relation classique entre l’artiste et l’auditeur, puisque ce dernier peut entendre une version qu’aucun autre n’écoutera. Musinaut est actuellement en discussion avec certains réseaux sociaux, des opérateurs téléphoniques et des fabricants de téléphones, pour diffuser le MXP4 le plus largement possible. Cette technologie pourrait également à terme concerner les CD ainsi que les autoradios.

Le MXP4 mettra-t-il le mp3 à l’index en le reléguant parmi les formats obsolètes ? Sans doute, mais encore faut-il que le MXP4 devienne un format universel supporté par la plupart des lecteurs et qu’il se transforme en un non-proprietary format, c'est-à-dire une technologie qui peut être utilisée par qui que ce soit sans l'autorisation de l'auteur. Comme c’est le cas avec le mp3, ce qui explique notamment son succès.

www.mxp4.com

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Le premier spam a été envoyé en mai 1978 par Gary Thuerk, un employé marketing de Digital Equipment Corporation (Digital ou DEC), une société américaine pionnière de l’industrie informatique. Son message avait été transmis à la totalité des utilisateurs de la côte Ouest du réseau ARPAnet (ancêtre d'Internet), soit près de 600 personnes. La pratique fut immédiatement condamné par l’administration du réseau. Vingt ans plus tard, on estime à 150 milliards le nombre de spams envoyés chaque jour.
 

mail2.jpg


Selon une étude menée par Marshal, une société américaine spécialisée dans la sécurité Internet, ces courriels indésirables représenteraient à peu près 85 % du trafic quotidien du courrier électronique ! Plus curieux encore, 29,1 % des internautes interrogés auraient acheté des biens promus à travers des campagnes de spamming, qu'il s'agisse de vidéos pour adultes, de pilules, de logiciels ou de soi-disant articles de luxe. Le chiffre est en hausse : la même étude, menée il y a quatre ans, ne faisait ressortir que 20 % d’internautes devenus acheteurs par ce biais.

Activité rentable

Malgré le développement de nombreux outils de protection personnelle et réseau (filtres des FAI, logiciels antivirus…) et la plus grande vigilance des utilisateurs, le business du spam semble avoir de beaux jours devant lui. Plutôt que le fait de pirates malveillants, les pourriels continuent à inonder les boîtes aux lettres, car ils rapportent de l’argent.

Plus de 35 % des spams concerneraient des malwares et 33 % des questions de santé. Plus étonnant, seuls 3 % des spams  sont des messages pour adultes. Quant au phishing (‘l’hameçonnage’ est une technique utilisée pour obtenir des renseignements personnels pour usurper l'identité), qu’on aurait imaginé étroitement corrélé à ce type de mails, il ne touche finalement que 0.92 % des spams envoyés. Les cinq plus grands botnets (ensemble de machines  « zombies » exploitées de manière malveillante), responsables d'environ 80 % du spamming, rapporteraient environ 150 000 dollars par jour à leurs administrateurs ! Une rentabilité énorme, puisque selon les cas, il en coûterait seulement de 5 à 18 dollars pour obtenir un fichier composé d’un million d’adresses électroniques…

Enjeu financier


Selon un professeur expert en sécurité informatique de l’Université de Cambridge, les spams sont générés de façon automatique par des logiciels, qui traitent d’abord les premières lettres de l’alphabet : André aura ainsi plus de chance d’être spammé que Walid. Et bien souvent, les robots spammeurs sont stoppés avant la fin de leurs envois massifs. Spams, virus et spywares coûteraient annuellement près de 8 milliards de dollars aux Etats-Unis, qui avec la Russie et le Brésil sont les pays les plus touchés. C’est donc enjeu financier important. D’autant qu’on estime que 20 % des mails envoyés n’arrivent pas à leurs destinataires. Et ce, à cause notamment des spams, qui obligent les sociétés à s’équiper en filtres dont elles ne maîtrisent pas forcément toutes ses subtilités. D’autant plus que certains spammeurs usurpent l'identité de vrais expéditeurs afin d'être plus efficaces.

On assiste maintenant à l’émergence d’un nouveau type de spams : le spam sur messagerie instantanée, le spam SMS ou le spam sur le calendrier Google. Dans ce dernier cas, le message étant directement expédié vers une application, il ne subit pas le contrôle des filtres. On peut donc craindre que le spam se reporte progressivement des boîtes aux lettres vers des applications populaires, tels les réseaux sociaux ou les sites de partage de vidéos. Les spams vidéo existent d'ailleurs déjà sur Youtube.

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Parodies publicitaires, plaintes, détournements, tests filmés de produits… les moyens de s’exprimer sur la toile ne manquent pas. Et l’internaute qui souhaite prendre en grippe une marque ou produit a l’embarras du choix pour se faire entendre. Si les entreprises ne portaient jusqu’alors que peu d’attention à ces messages (plus ou moins humoristiques, plus ou moins critiques), elles ne peuvent raisonnablement plus les ignorer, ni y répondre. Certaines marques ont même très bien compris les bénéfices qu’elles pouvaient tirer de telles campagnes improvisées.

« Dell Hell »

En juin 2005, Dell s’est trouvé contraint de répondre aux nombreux messages de mécontentement des internautes. Le fabricant informatique avait du faire face à des batteries qui surchauffaient et risquaient de s’enflammer. Plusieurs cas ont été signalés au Japon. Le buzz sur Internet, couplé à ce dysfonctionnement, ont donné naissance à ce qui fut alors baptisé le « Dell Hell » (l’enfer Dell). Un an après cet épisode, la marque créait son blog, histoire de canaliser ces remarques et d’y apporter des réponses (http://yourblog.direct2dell.com/). C’était l’une des premières fois qu’une marque mettait des moyens pour prendre le contrepied des internautes.

Le bug de Tiger


Depuis, les annonceurs prennent la peine, voire un malin plaisir, de répondre. Et les exemples sont légion. Electronic Arts a ainsi publié en août, une vidéo répondant à celle d’un internaute qui pointait un bug dans un jeu de golf (Tiger Woods marchant sur l’eau). Dans sa réponse, l’éditeur de jeux met en scène le vrai sportif dans les mêmes conditions que le bug et conclut  : « Ce n’est pas une faille, il est aussi bon que ça ». La vidéo devrait bientôt franchir les deux millions de visites.



Parmi les plus belles histoires, celles de Nick Haley, un lycéen de 18 ans, qui par passion pour son iPod Touch a repris une ancienne publicité d’Apple (http://www.youtube.com/watch?v=KKQUZPqDZb0). La firme, séduite par le projet, a demandé à son agence de communication d’en faire une version professionnelle. C’est désormais la publicité officielle de l’iPod Touch…

Détournements

Un pas de plus est en train d’être franchi dans ce ping-pong entre marques et consommateurs : certaines font désormais le pari d’anticiper le comportement des internautes. Elles détournent ainsi des vidéos personnelles. Pour le lancement du téléphone i900, Samsung a voulu jouer sur le terrain de l’unboxing (filmer le déballage et la première prise en main) : la vidéo reste classique jusqu’au moment où une fanfare sort de la boîte du téléphone accompagnée d’un petit feu d’artifice. Un grand succès : 1.3 millions de vues et près de 1 000 commentaires en moins de 2 semaines.  

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telillégal.jpgAujourd'hui, le téléchargement de musique et de vidéo sur Internet est une activité presque banalisée. Selon une étude de l'association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) diffusée début août 2008, près de 450.000 films sont téléchargés illégalement en France chaque jour, soit autant que les entrées dans les cinémas (note 1). Une étude de l'IDATE indique que 9 millions d'internautes téléchargeraient sur Internet. Mais seuls 15% des fichiers téléchargés sont légaux (note 2).


La banalisation du téléchargement est largement due à la faiblesse de la répression. Les internautes font ainsi le choix de télécharger des contenus de manière illégale, estimant que la probabilité d'être poursuivi est faible. Un tel comportement est en revanche beaucoup plus rare de la part d'entreprises car les contrôles sont plus fréquents et les sanctions peuvent mettre en péril la pérennité de l'entreprise et engagent la responsabilité personnelle du dirigeant. Toutefois, cette activité n'est pas sans risque, s'agissant du téléchargement d'une œuvre protégée. En effet, les sanctions du téléchargement illégal, prévues par le code de la propriété intellectuelle, sont très lourdes. Il existe premièrement des sanctions pénales.

 Toute personne qui se livre au téléchargement illégal d'oeuvres protégées encourt les peines applicables à la contrefaçon, soit 3 ans d'emprisonnement et 300.000 euros d'amende. Il s'agit d'une peine maximale, bien entendu. Cela diminue l'effet dissuasif de la sanction, car les affaires jugées jusque maintenant impliquant un particulier poursuivi pour téléchargement ne condamnaient pas les accusés à des peines de prison ferme. La sanction la plus dissuasive est peut-être finalement la sanction civile. En effet, les propriétaires de contenus protégés pourront se porter partie civile et demander une indemnisation pour le préjudice qu'ils ont subi. De manière générale, les juges condament à la valeur dans le commerce du contenu téléchargé. Un internaute ayant téléchargé 600 albums de musique (ce qui est rapidement réalisé avec les logiciels peer to peer...) a ainsi été condamné à 10.000 euros de dommages et intérêts, en complément de la sanction pénale.

S'agissant de vidéo, un DVD pour un film récent ayant une valeur de 15 à 20 euros, un internaute disposant d'une videothèque de 500 DVD sera ainsi condamné, de manière relativement certaine, à une peine de prison avec sursis, une amende, et des dommages et intérêts à hauteur de 7 à 10.000 euros... Les actions sont aujourd'hui relativement rares et sont principalement tournées vers les personnes qui vendent ou mettent à disposition des contenus illégaux. Toutefois, de telles sanctions doivent faire prendre conscience aux internautes des risques qu'ils prennent, plutôt que de vivre dans un sentiment d'impunité.

Note 1 :
http://www.challenges.fr/actualite/toute_lactu/20080805.OBS6222/autant_de_tlchargements_que_dentres_en_salles.html
Note 2 :
http://www.journaldunet.com/expert/9763/telechargement-illegal---quels-sont-les-risques-encourus.shtml.

© Olivier BEDDELEEM, enseignant-chercheur à l'ISEG, 2008

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