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Microcrédit sur Internet, une solution pour développer son activité.

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Faire un microcrédit consiste en l'attribution de prêts de faible montant à des entrepreneurs ou des artisans qui ne peuvent accéder aux prêts bancaires classiques. Ce phénomène sur Internet est en plein développement.

 

 

Les actions de microcrédit sont financées par l'épargne solidaire et ne « concurrencent » pas directement les autres types d'actions de développement durable. Il est souvent souhaitable de lier le microcrédit à d'autres mécanismes d'aides au développement, les deux outils étant davantage complémentaires que substituables.
 

“Il ne me serait pas venu à l’idée d’aller dans une banque.
Je suis bien trop pauvre.”
Ngoung Sokteing, commerçante à Phnom Penh (Cambodge) -
Propos recueillis par Lille Plus (21 octobre 2008)

Consulter l'article de Corinne Callebaut, dans Lille Plus n°945 du mardi 21 octobre 2008.

 Fanny Comandini, Chargée de communication

Quand Ngoung Sokteing a ouvert une modeste échoppe, il y a huit ans, au marché Chhbar Ampeuv, à Phnom Penh, elle se contentait de vendre des boissons fraîches. Il y a quelques mois, sa vie a changé: elle a pu diversifier ses stocks – elle vend aujourd’hui également de l’essence – et ne compte pas s’arrêter là.
A l’origine de cette petite révolution, un microcrédit contracté par l’entremise d’Entrepreneurs du monde, un institut de microfinance (IMF), baptisé Chamroeun («prospérité» en khmer) au Cambodge. Un exemple parmi tant d’autres de microcrédit ? Pas vraiment car, cette fois, les prêteurs ne sont pas des organismes financiers mais des internautes lambda, qui ont prêté par le biais du site internet français Babyloan.org la somme dont Sokteing avait besoin pour développer son activité.

Pour aider cette mère de cinq enfants, qui avait besoin d’un prêt de 1,5 million de riels [280 euros], plusieurs internautes se sont connectés sur Babyloan.org et ont versé une somme en ligne. Ils ont choisi Sokteing en consultant les différents profils présentés sur le portail, qui affiche une photo de l’emprunteur et détaille brièvement son projet. Chaque jour, les internautes peuvent suivre en ligne l’évolution du prêt, jusqu’à ce que le total soit atteint. Quand la somme a été réunie, Sokteing a pu commencer à investir puis à rembourser. «Chaque semaine, je verse 59400 riels [11 euros] à Chamroeun pour rembourser», explique-t-elle, avant d’ajouter, très fière : «Ce n’est pas un don, je vais rendre tout l’argent que l’on m’a prêté».
Ngoung Sokteing a déjà en tête un autre prêt qu’elle sollicitera dans quelques mois, pour, cette fois, échanger des devises étrangères. «Je n’aurais jamais pensé que je pourrais me développer un jour, et aussi vite, continue-t-elle. Il ne me serait pas venu à l’idée d’aller dans une banque: je suis bien trop pauvre !»

Lancé début septembre dernier par Arnaud Poissonnier, un «ex-banquier privé-conseil de riches», selon ses mots, reconverti à la microfinance, Babyloan est déjà parvenu à mener à bien 37 projets au Cambodge, la plupart émanant de femmes souhaitant développer leur commerce sur les marchés de Phnom Penh. «Les profils proposés sur le site ont été rigoureusement sélectionnés par Chamroeun, qui choisit les personnes parmi les plus pauvres. Les prêts demandés sont très peu élevés», souligne le fondateur du site.
Aujourd’hui, Babyloan compte 300 membres et le nombre d’inscriptions n’arrête pas de grimper. En quelques semaines, les internautes sont remboursés de la somme qu’ils ont avancée. Ni plus ni moins. Car si le microemprunteur doit s’acquitter d’intérêts, ceux-ci ne servent qu’à couvrir les frais de fonctionnement, très élevés, de l’IMF. «Gérer le prêt, rendre visite aux emprunteurs, a un coût», explique Grégoire Héaulme, le directeur de Chamroeun. Si le microemprunteur ne peut rembourser le prêt, c’est l’IMF qui a pour obligation de prendre le relais. Toutefois, les taux d’intérêt demeurent en deçà de ceux traditionnellement pratiqués, notamment par les organismes bancaires. Au Cambodge, ceux-ci s’élèvent à 8 % ou 12 % pour un microcrédit contracté dans une banque, contre seulement 2% à 3 % par Internet. «Bien souvent, les instituts de microfinance doivent emprunter l’argent auprès de banques et ce avec intérêts, explique Grégoire Héaulme. Babyloan collecte de l’argent et le transmet sous forme de prêt à taux zéro aux IMF. L’économie réalisée par l’IMF est donc égale au montant des intérêts normalement facturés par les banques».
Mais pour Babyloan, cela représente tout de même un coût: celui du temps passé à collecter les informations de partenaires sur le terrain, à la mise en ligne des données, à la rédaction de comptes rendus mensuels ou encore à la gestion du partenariat. «Dans quelques mois, une fois que le système sera un peu plus rodé et que les volumes deviendront plus conséquents, poursuit Grégoire Héaulme, il conviendra de réaliser une étude détaillée pour mesurer si cette source de financement représente vraiment une économie pour nous ou non».

Corinne Callebaut, Ka-set (http://ka-set.info/), Phnom Pen
Lille Plus n°945 Mardi 21 octobre 2008


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