Il y a une dizaine d’années, beaucoup auraient parié sur l’avènement rapide du livre version électronique. Pourtant, au milieu des mp3, des téléphones portables multifonctions, des ordinateurs ultraportables, c’est, encore en 2008, un objet qui peine à s’imposer.
Cytale, pionnier français
Cette marque ne vous dit sans doute rien mais elle fut la première société française à se lancer sur le marché du livre électronique. En 1998, elle sortait un premier modèle vendu à l’époque près de 5 700 F (soit environ 870 €). Quatre ans plus tard, et malgré la participation de Jacques Attali à l’aventure, Cytale mettait la clé sous la porte, faute d’acheteurs, sans doute trop en avance sur son temps.
Le Reader de Sony
Jusqu’à présent très peu de fabricants avaient commercialisé ce type d’appareil. Mais cette année, Sony a décidé de s’attaquer au marché européen et français avec son écran de lecture baptisé Reader. Déjà en vente aux Etats-Unis et au Canada depuis 2006, il sera vendu en exclusivité pendant six mois à la Fnac autour de 300 euros. Compact et léger (260 g et 8 mm d’épaisseur), il peut stocker jusqu’à 160 livres (capacité de mémoire extensible grâce aux slots SD et MS) et possède une autonomie de lecture de 6 800 pages environ. L’objet est séduisant, malgré son écran monochrome, et supporte les mp3, les images et les pdf.
Les maisons d’édition d’Hachette Livre (Fayard, Grasset…) vont proposer 2 000 ouvrages en téléchargement sur le site de la Fnac. Ils seront vendus de 10 à 15 % moins cher que leur version papier, bien qu’une TVA de 19,6 % leur soit appliquée (contre 5,5 % sur les livres papier). Contrairement aux lecteurs pionniers dont le terminal de lecture utilisait le LCD, le Reader et les nouveaux livres électroniques sont développés avec « l’encre électronique » (ou « papier électronique »), une nouvelle technologie qui combine autonomie et lisibilité et qui ne nécessite pas l’utilisation du rétro-éclairage, très gourmand en énergie et qui peut être lu sous quasiment tous les angles.
Et ses concurrents
Fin 2007, Amazon avait lancé son Kindle, qui dispose d’une connexion wi-fi et qui permet de télécharger des ouvrages depuis son site. Un avantage considérable, mais l’appareil ne supporte pas un certains nombre de formats propriétaires et notamment le pdf, contrairement à son concurrent de chez Sony. En outre, les contenus téléchargés depuis Amazon ne peuvent être lus sur d’autres machines et l’accès au catalogue et payant. Au même moment, l’éditeur français M21 proposait pour un peu plus de 417 €, un pack comprenant le lecteur Cybook de Bokeen, 24 livres numériques, une newsletter mensuelle, ainsi qu’un roman de science-fiction. L’offre est originale, puisqu’à peu de choses près elle revient au même prix que l’achat de 24 livres papiers, comme si le reader était offert. La maison d’édition vient d’étoffer son offre en proposant des packs spécialisés (psychologie, nouvelles technologies, cinéma…).
Marché porteur ?
En France, le marché du livre électronique n’en est qu’à ses balbutiements, notamment en raison de l’offre d’ouvrages numérisés, très faible. Une pauvreté qui peut s’expliquer par la frilosité des auteurs qui rechignent à céder leurs droits pour des versions électroniques. Au Japon, par exemple, la consommation de ce genre de livres a été multipliée par deux l’année dernière. Bien que le livre électronique soit plus installé dans les mentalités américaines qu’européennes, lorsqu’Amazon vend 1,2 millions d’exemplaires papier de son dernier bestseller aux Etats-Unis, seulement 300 unités numérisées sont achetées... Les livres électroniques présentent de nombreux avantages, outre la dématérialisation. Mais pour l’heure, les exemplaires numériques disponibles sur le marché français sont pauvres en fonctionnalités qui font pourtant le fonds de commerce de l’édition électronique.
Selon le cabinet iSuppli, les ventes d’e-books, qui atteignaient les 150 000 exemplaires en 2007, devraient avoisiner les 18 millions en 2012, soit un rythme de croissance annuel de 161 % ! Pour l’heure, le prix élevé de l’appareil et le fait qu’il n’apporte pas encore le confort de lecture d’un livre traditionnel constituent deux obstacles majeurs à son développement. Pourtant, l’offensive récente de Sony et l’annonce du lancement d’Orange, SFR et sans doute Aplle sur ce marché laissent présager une belle bataille en perspective, notamment à cause de l’augmentation du prix du papier. D’ailleurs, l’International Digital Publishing Forum, autorité internationale dans le domaine de l'édition numérique, a constaté aux Etats-Unis une explosion de 87 % du volume de ventes d’ebooks entre juin 2007 et juin 2008, représentant près de 4,9 millions de dollars. Un signe avant-coureur de la généralisation des readers ?
Cytale, pionnier français
Cette marque ne vous dit sans doute rien mais elle fut la première société française à se lancer sur le marché du livre électronique. En 1998, elle sortait un premier modèle vendu à l’époque près de 5 700 F (soit environ 870 €). Quatre ans plus tard, et malgré la participation de Jacques Attali à l’aventure, Cytale mettait la clé sous la porte, faute d’acheteurs, sans doute trop en avance sur son temps.
Le Reader de Sony
Jusqu’à présent très peu de fabricants avaient commercialisé ce type d’appareil. Mais cette année, Sony a décidé de s’attaquer au marché européen et français avec son écran de lecture baptisé Reader. Déjà en vente aux Etats-Unis et au Canada depuis 2006, il sera vendu en exclusivité pendant six mois à la Fnac autour de 300 euros. Compact et léger (260 g et 8 mm d’épaisseur), il peut stocker jusqu’à 160 livres (capacité de mémoire extensible grâce aux slots SD et MS) et possède une autonomie de lecture de 6 800 pages environ. L’objet est séduisant, malgré son écran monochrome, et supporte les mp3, les images et les pdf.
Les maisons d’édition d’Hachette Livre (Fayard, Grasset…) vont proposer 2 000 ouvrages en téléchargement sur le site de la Fnac. Ils seront vendus de 10 à 15 % moins cher que leur version papier, bien qu’une TVA de 19,6 % leur soit appliquée (contre 5,5 % sur les livres papier). Contrairement aux lecteurs pionniers dont le terminal de lecture utilisait le LCD, le Reader et les nouveaux livres électroniques sont développés avec « l’encre électronique » (ou « papier électronique »), une nouvelle technologie qui combine autonomie et lisibilité et qui ne nécessite pas l’utilisation du rétro-éclairage, très gourmand en énergie et qui peut être lu sous quasiment tous les angles. Et ses concurrents
Fin 2007, Amazon avait lancé son Kindle, qui dispose d’une connexion wi-fi et qui permet de télécharger des ouvrages depuis son site. Un avantage considérable, mais l’appareil ne supporte pas un certains nombre de formats propriétaires et notamment le pdf, contrairement à son concurrent de chez Sony. En outre, les contenus téléchargés depuis Amazon ne peuvent être lus sur d’autres machines et l’accès au catalogue et payant. Au même moment, l’éditeur français M21 proposait pour un peu plus de 417 €, un pack comprenant le lecteur Cybook de Bokeen, 24 livres numériques, une newsletter mensuelle, ainsi qu’un roman de science-fiction. L’offre est originale, puisqu’à peu de choses près elle revient au même prix que l’achat de 24 livres papiers, comme si le reader était offert. La maison d’édition vient d’étoffer son offre en proposant des packs spécialisés (psychologie, nouvelles technologies, cinéma…).
Marché porteur ?
En France, le marché du livre électronique n’en est qu’à ses balbutiements, notamment en raison de l’offre d’ouvrages numérisés, très faible. Une pauvreté qui peut s’expliquer par la frilosité des auteurs qui rechignent à céder leurs droits pour des versions électroniques. Au Japon, par exemple, la consommation de ce genre de livres a été multipliée par deux l’année dernière. Bien que le livre électronique soit plus installé dans les mentalités américaines qu’européennes, lorsqu’Amazon vend 1,2 millions d’exemplaires papier de son dernier bestseller aux Etats-Unis, seulement 300 unités numérisées sont achetées... Les livres électroniques présentent de nombreux avantages, outre la dématérialisation. Mais pour l’heure, les exemplaires numériques disponibles sur le marché français sont pauvres en fonctionnalités qui font pourtant le fonds de commerce de l’édition électronique.
Selon le cabinet iSuppli, les ventes d’e-books, qui atteignaient les 150 000 exemplaires en 2007, devraient avoisiner les 18 millions en 2012, soit un rythme de croissance annuel de 161 % ! Pour l’heure, le prix élevé de l’appareil et le fait qu’il n’apporte pas encore le confort de lecture d’un livre traditionnel constituent deux obstacles majeurs à son développement. Pourtant, l’offensive récente de Sony et l’annonce du lancement d’Orange, SFR et sans doute Aplle sur ce marché laissent présager une belle bataille en perspective, notamment à cause de l’augmentation du prix du papier. D’ailleurs, l’International Digital Publishing Forum, autorité internationale dans le domaine de l'édition numérique, a constaté aux Etats-Unis une explosion de 87 % du volume de ventes d’ebooks entre juin 2007 et juin 2008, représentant près de 4,9 millions de dollars. Un signe avant-coureur de la généralisation des readers ?


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