Malgré la crise, les Français continuent à faire leurs courses sur Internet. Selon une étude de la Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad), les ventes en ligne auraient progressé de 27 % au dernier trimestre ; un taux de croissance que bien des secteurs lui enivraient à l’heure actuelle. Si les ventes ont augmenté, pour la première fois, le panier moyen des internautes n’augmente plus : il stagne à 94 €.
Secteur en expansion
D’après Médiamétrie, sur un an, la vente en ligne a enregistré près de 3 millions de nouveaux utilisateurs. Parallèlement, le nombre de sites marchands aurait explosé : + 40 % en un an, soit 45 000 enseignes. Selon la Fevad, le chiffre d’affaires des sites de commerce en ligne s’est établi à 16 milliards d’euros en 2007, soit une hausse de 34 %. Au premier semestre de l’année, ce chiffre avait crû de 30 %, pour atteindre 10 milliards d’euros.
Baisse des prix
Malgré ces chiffres qui restent encourageants, les sites ressentent individuellement les effets de la crise : le patron de Pixmania a ainsi noté au mois d’octobre une baisse du panier moyen de 15 % environ. Même constatation chez Brandalley, dont le CA est passé de 100 000 € à environ 50/60 000 €, ou du côté de RueDuCommerce, qui marque un repli de 2,3 % sur le premier semestre. Les sites de commerce en ligne affichent généralement une baisse globale des prix, encore plus accentuée pour les produits high-tech.

Crise oblige, les comportements des consommateurs changent. La plupart de ces sites enregistrent une augmentation de leur trafic et de leurs transactions. Dans le même temps, les chiffres d’affaires ne traduisent pas ces hausses. Les consommateurs préparent donc beaucoup plus leurs achats, guettent la bonne affaire, le bon prix. Pour illustrer ce mouvement, RueDuCommerce a baissé de 300 à 90 euros le minimum pour un paiement en trois fois sans frais.
Internet aurait modifié le rapport entre les marques, les distributeurs et les consommateurs. Selon une étude du cabinet OC & C. Sinon, les clients français seraient prêts à acheter en ligne à condition de bénéficier d'une réduction de 12 % au minimum. Hormis les enseignes alimentaires en ligne, dont les prix restent plus chers qu’en magasin, l’étude révèle que les autres sites Web sont amenés à gagner de nouveaux clients. D’autant que les enseignes traditionnelles, qui possèdent quasiment toutes une vitrine en ligne, peuvent difficilement s'aligner sur leur propre site, car leurs clients ne comprendraient pas pourquoi les produits seraient plus chers en magasin que sur le Web. Selon les estimations, le CA du secteur pourrait atteindre 20 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année, avec un panier qui continue à stagner.


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